Présentation des Réserves Naturelles
A l'intérieur du Pays du Mont-Blanc, qui compte cinq réserves naturelles, soit 5% des réserves nationales et 25% des réserves régionales ! cernée au sud par la Vanoise, au sud-est par le Grand Paradis, à l'ouest par la réserve de Sixt, et au nord-est par l'Espace Mont-Blanc, la vallée de Chamonix tout entière est concernée par la protection de la nature.
La réserve des Aiguilles Rouges:
La plus ancienne, entre le col des Montets et le Lac Blanc, la réserve des Aiguilles Rouges, date de 1974 et s'étend sur 3279 hectares. Ce massif montagneux, constitué de gneiss, renferme du minerai de fer, ce qui lui donne cette coloration rougeâtre à l'origine de son nom. Avec le chalet-laboratoire du Col des Montets, le besoin d'accueil et d'explication du public a pu être statisfait dès 1975. Un sentier botanique se promène à travers la rhodoraie, flirte avec les tourbières et permet ainsi au promeneur d'associer le plaisir de la détente à celui de la découverte d'un biotope souvent mal connu. Les forêts d'épicéas envahissent les pentes exposées au sud, tandis que les versants orientés du côté de Vallorcine composent de manifiques mélèzins aux couleurs d'automne somptueuses.
Plus haut, Lac Blanc, Lac Cornu, Lacs Noirs et Lacs des Chéserys sont sertis dans les rochers moutonnés par l'érosion glaciaire où les lichens, très résistants au froid et à la sécheresse, ont entamé une sérieuse colonisation. Dans les nombreux éboulis et pierriers, la marmotte a trouvé son domaine. Très vite familière, elle a été choisie comme emblème de la réserve.
La réserve de Carlaveyron :
Près du refuge de Bel Lachat, la toute récente réserve de Carlaveyron, a été crée en 1991 sur la commune des Houches.
Limitée au nord par les gorges de la Diosaz, elle comprend les montagnes du Fer et de la Vorgealle et englobe les anciens alpages de Carlaveyron. C'est un superbe amphithéâtre qui garde l'avantage de ne pas disposer d'un accès trop facile ! Son caractère sauvage permet aux espèces les plus menacées, comme la gélinotte, le grand tétras ou l'aigle royal de s'y réfugier. Petits lacs, marécages et tourbières sont l'univers de la grenouille rousse et du triton alpestre. La gracieuse linaigrette et l'exceptionnel carex de Magellan apportent la douceur de leurs pastels. Le fond des gorges de la Diosaz reste, aujourd'hui encore, moins exploré que le plus lointain sommet des antipodes : la forêt n'a jamais pu être exploitée et les arbres meurent sur pied. On y a rencensé un specimen de sapin qui atteint 4,40 mètres de circonférence !
La réserve de Passy :
La réserve naturelle de Passy résume en son sein l'histoire des montagnes de Haute-Savoie. Les jeunes falaises des Fiz dominent les moutonnements du vieux Pormenaz, la formidable poussée des Alpes opposant leurs natures calcaire et siliceuse. De ce contraste minéralogique nait diversité de milieux - pelouses, landes, zones humides - et d'espèces alpines -aigles, bouquetins ...
La chaîne des Fiz et le Dérochoir illustrent un mouvement inexorable. Toute montagne se doit de devenir plaine… De mémoire d’homme, la falaise bouge et recule, minée par l’action inlassable de l’eau. En 563, 1471 puis 1751, des éboulements catastrophiques façonnent ce paysage qui se laisse admirer aujourd’hui, imposant par sa masse le respect. Falaises, éboulis immenses ou plus modestes, sont les signes de la vigueur des forces qui bâtissent et défont les montagnes.
Coup de boutoir porté à la chaîne des Fiz, le massif de Pormenaz a surgi des profondeurs sous la poussée des Alpes. Relief doux, poli voici des millénaires par le passage des glaciers, il est un écrin fragile aux tourbières et marécages, à la faune variée et si discrète. Univers étrange, qui passe d’une ambiance typiquement alpine avec ses floraisons aux allures tragiques de loch écossais lorsque le ciel vire au plomb.

